Occupation sans titre

En 2012, lors de la manifestation Novembre des Canuts le spectacle urbain créé par la Compagnie du Chien Jaune avait pris pour décor les anciens locaux de la SEPR. Ce lieu est aujourd’hui occupé par les Restos du Coeur du secteur Croix-Rousse-Caluire. A l’issue de cette première collaboration, des bénévoles des Restos avaient émis le souhait de mener avec la Compagnie du Chien Jaune la création d’un spectacle qui impliquerait bénévoles et bénéficiaires.
L’édition 2013 de Novembre des canuts, autour du thème de l’habitat, nous a semblé percutante pour mobiliser dans cette création partagée des personnes en situation d’exclusion et de grande précarité, concernées par les difficultés à se loger.

L’écriture dramatique, réalisée par Valérie Zipper, s’est appuyée sur un recueil de paroles auprès des bénéficiaires des Restos (69004) et des personnes accompagnées par l’ALPIL (69001 / 69006) : Valérie Zipper s’est rendue aux distributions alimentaires des Restos et aux permanences d’accueil de l’ALPIL où elle a pu observer, collecter des bribes d’histoires, dresser un tableau sensible de ce que peut signifier «habiter» aujourd’hui. Cette mosaïque de témoignages visait à transcrire dans un univers poétique l’état des lieux inquiétant du mal-logement en France, mais aussi à ouvrir la porte des imaginaires pour dessiner une « utopie habitante ».

Le 19 novembre 2013 à 19h30, près de 110 personnes ont assisté à la restitution de cette création. Sur scène, 3 bénévoles et 2 bénéficiaires des Restos du Coeur, ainsi que le comédien professionnel Gilles Fisseau.

” Poètes du quotidien, rêveurs égratignés, les acteurs (…) sont en quête d’un espace, d’un lieu à investir, d’abord parce que la vie de la rue abime les rêves et aussi parce que l’acte d’habiter est une démarche existentielle. Un habitat rêvé, perçu comme un refuge sur lequel se projettent les identités, les intimités.
Une utopie habitante, récurrente en temps de crise, dans laquelle les personnages projettent leurs aspirations sur le monde et tentent de recréer un monde idéal.”

Valérie Zipper

Crédit photo : Anne Varak